Flirt entre collègues ? Près de la moitié* des travailleurs n'y trouvent rien à redire

Bruxelles, 12 février 2019. La Saint-Valentin est proche, Cupidon sera aussi fêté en milieu professionnel. Au moins un quart des travailleurs belges ont rencontré l'amour sur leur lieu de travail. Comparé à une étude réalisée en 2016 par Tempo-Team, il semble que la campagne #MeToo n'ait guère eu d'impact sur la drague et les relations amoureuses au travail, même si les entreprises sont bien plus nombreuses qu'autrefois à établir des accords clairs sur les comportements tolérés ou non au travail. Pourtant, encore plus de transparence s'avère nécessaire : la moitié des salariés de Belgique ne connaît pas les codes de comportement édictés par l'entreprise.

Depuis la campagne #MeToo (#BalanceTonPorc), 2 fois plus d'entreprises recadrent les comportements (déplacés) au travail

À l'occasion de la Saint-Valentin, Tempo-Team a interrogé les travailleurs et employeurs du pays quant aux relations amoureuses et comportements en milieu professionnel après la campagne #MeToo. Résultat ? Cupidon y est toujours bien présent. Un salarié sur 4 est déjà tombé amoureux d'un collègue, 1 sur 5 a déjà embrassé au travail, ou plus si affinités. Et près de 15 % ont déjà entretenu une relation (secrète ou non) avec un collègue. #MeToo semble donc n'avoir pratiquement pas eu d'impact sur les idylles au travail : le nombre de salariés qui reconnaît avoir flirté, embrassé, être tombé amoureux ou entretenu une relation avec un collègue est resté similaire aux résultats de l'enquête en 2016.

Selon plus de 2 travailleurs sur 3, les relations amoureuses entre collègues doivent certainement être tolérées ; 3 quarts des employeurs sont du même avis. Mais seulement 1 travailleur sur 3 dit pouvoir l'envisager. 1 sur 2 affirme l'exclure totalement et éviter volontairement les contacts un peu trop rapprochés avec des collègues.

Les idylles au bureau se forment notamment, selon les travailleurs, par des rendez-vous après les heures de travail (46 %), en voyage d'affaires (32 %) ou lors de collaborations intenses (28 %). 1 sur 3 pense que deux collègues tombent amoureux l'un de l'autre simplement par hasard.

#MeToo

1 répondant sur 4 reconnaît avoir déjà flirté avec un collègue. Plus de 4 sur 10 ne sont d'ailleurs pas choqués si un collègue cherche à les draguer. Mais ils sont autant à refuser net cette éventualité. Cette proportion a légèrement augmenté par rapport à 2016 (de 37 à 45 %). Si 1 répondant sur 5 ne voit pas d’inconvénients lorsqu'un supérieur hiérarchique drague un subalterne, 7 sur 10 désapprouvent ce comportement. C'est un peu plus qu'avant le début de la campagne #MeToo (68 % contre 64 % à l'époque).

Globalement, les travailleurs envisagent avec bienveillance les idylles au travail, même s'ils sont 6 sur 10 à penser que cela peut être source de problèmes, notamment de ragots (80 %), de disputes (51 %) et de baisse dans les prestations professionnelles et l'ambiance au travail (38 %). Tout comme en 2016, les hommes et les travailleurs de moins de 35 ans se montrent nettement plus tolérants que les femmes ou les collègues plus âgés envers les idylles et autres relations amoureuses au travail.

Recadrement des comportements et des relations intimes

Pour éviter toute friction éventuelle, près de la moitié des entreprises de Belgique ont édicté des codes de comportement sur ce qui est toléré ou pas au travail, afin de définir plus clairement les limites des comportements déplacés et du harcèlement sexuel. 4 entreprises sur 10 prennent d'ailleurs des mesures spécifiques lorsque se forment des idylles, visant par exemple à séparer des collègues amoureux en déplaçant l'un des protagonistes vers un autre département ou équipe. Un tiers des travailleurs interrogés approuvent la mesure. Par ailleurs, 3 patrons sur 4 ont désigné une personne de confiance à laquelle les collaborateurs peuvent adresser leurs questions relatives aux comportements inappropriés et relations amoureuses.

Le nombre d'entreprises ayant édicté des règles s'est nettement accru par rapport à 2016 : à l'époque, seule 1 sur 4 avait préparé un code de comportement et 4 sur 10 désigné une personne de confiance. Mais malgré ces efforts, encore plus de transparence s'avère souhaitable. 1 travailleur sur 2 ne sait en effet pas si son entreprise autorise ou non des relations plus rapprochées entre collègues.

"Par définition, une activité professionnelle a un aspect social : les travailleurs passent énormément de temps en présence de leurs collègues, dont ils partagent souvent les échecs et les réussites. Il n'est pas étonnant que se nouent des relations soudées. 7 travailleurs sur 10 se sont fait de bons amis au travail. Parfois, cela débouche sur quelque chose de beau entre collègues. Lorsque c'est le cas, de bons accords sont indispensables : les employeurs sont de plus en plus nombreux à préciser un cadre pour protéger leurs travailleurs et veiller à ce que chacun puisse remplir ses tâches dans des conditions agréables. L'augmentation du nombre de règles pourrait être en partie attribuée aux cas de harcèlements sexuels dévoilés ces derniers mois. Des collègues qui entretiennent une idylle ont tout intérêt, eux aussi, à respecter des accords clairs, car au travail, ils sont avant tout des salariés d'une entreprise ou des collègues. Ils ne sont partenaires l'un vis-à-vis de l'autre que dans le privé. Il est essentiel de maintenir cette distinction", explique Valérie Denis, manager CSR chez Tempo-Team.

"La taille de l'entreprise détermine souvent la façon dont les idylles au travail sont appréhendées. Les interdire totalement, par exemple dans le règlement ou le contrat de travail, est probablement une mesure trop draconienne. Même durant l'exercice de ses tâches professionnelles, tout travailleur est supposé garder son droit au respect de sa vie privée. Trouver un équilibre à ce niveau est important dans l'implémentation de règles de comportement", expliquent Danaïs Fol et Kris De Schutter, avocats chez Loyens & Loeff.


*C'est ce qui ressort d'une étude menée en 2016 et 2018 auprès d'un échantillon représentatif de 2050 travailleurs et employeurs par un bureau d'études indépendant pour le compte de Tempo-Team. La marge d'erreur maximale de l'enquête est de 3,39 %.

 

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